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The Room : coach Khadija Ouchene

écrit par : coach Khadija Ouchene

Rares sont les métiers qui élargissent à chaque fois leur cadre de perception quand ils sont soumis à la réflexion; celui de l’enseignement paraît être le plus représentatif de ce constat dans la mesure où il s’apprête toujours à beaucoup d’interprétations sans que l’on parvienne à des réponses définitives. Au contraire, celles-ci ouvrent béantes des perspectives qui elles-mêmes engendrent d’autres encore « plus abymées » parce que l’acte lui-même, complexe, se rapporte à la nature humaine même de son essence : enseigner veut dire apprendre en intériorisant l’expérience mentale de l’appropriation personnalisée du savoir.

Bien sûr, la figure de l’apprenant (d’abord enfant puis adolescent et enfin adulte) transparaît dans cette toile de fond; il est le point focal sur lequel viennent se greffer les actions d’un maître, toutes ses actions : enseigner est certainement fait à partir des apprentissages et y revenir est une condition pour s’assurer que ce fameux processus n’est pas seulement une conservation éphémère des connaissances, contraignante et mécanisée, mais bien une expérience interne, consciente qui accueille un savoir utilitaire (d’ailleurs vécu au quotidien chez lui), dont la finalité scolaire est de mettre en marche le processus qui pousse l’élève à aborder des situations nouvelles dehors.

Et il n’y a pas meilleure façon que d’ouvrir la réflexion à partir d’un film : The Room (le réalisateur : Lenny Abrahamson-2015) qui a récolté des nominations prestigieuses dans le monde du cinéma. Au lieu de relancer le thème à partir d’un discours sectaire , nous avons choisi de nous pencher sur une réalisation esthétiquement intéressante qui a eu l’avantage de pointer du doigt un sujet tellement débattu tout en lui conférant une dimension métaphorique et créative.

Rien de meilleur, en fait, que de concrétiser beaucoup de discours pédagogiques autour non pas de l’enseignement mais de l’apprentissage lui-même : être un enseignant se mesure au nombre d’apprentissages qu’on réalise chaque jour en classe ; ils font l’objet d’une évaluation individuelle répétitive et d’un travail de groupe. Et bien sûr, cette pédagogie du projet contient des phases de régulation constituant souvent un sas à partir d’un référentiel d’objectifs opérationnalisables pour cibler l’efficacité de l’action et aussi sa qualité. Donc, nous n’enseignons que parce que nous faisons apprendre.

Finalement, les apprenants quel que soit leur âge sont les seuls maîtres en classe ; nous ne faisons que les suivre dans la mouvance de l’acte d’apprendre.

Le film meublera, par conséquent, les espaces abstraits des théories de l’enseignement-apprentissage et illustrera aussi ce qu’il faut savoir concernant la relation de l’adulte avec l’enfant (l’apprenant en général).

En écrivant ceci, une citation de Montesquieu tirée de l’esprit des lois (1749) nous vient à l’esprit : « Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celles de nos maîtres et celle du monde. Ce qu’on nous dit de la dernière renverse toutes les idées des premières ». The Room semble être la métaphore de cette « rencontre-choc » entre l’école et la société quand celle-là est supposée en être le reflet à peine soupçonné par l’enfant (comme le petit Jack, personnage principal du film).

-A suivre…-

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